Actualités Maritimes

29 Fév 2016

Le Nomade des Mers, véritable laboratoire flottant

Une expédition pour expérimenter, apprendre, rassembler et partager

Nomade des Mers en essai
Nomade des Mers en essai
Accostage du catamaran
Accostage du catamaran
L'équipage, l'équipe à terre et les deux parrains du bateau
L'équipage, l'équipe à terre et les deux parrains du bateau

Comment naviguer de la manière la plus écologique possible ? Telle est la question que se sont posé les membres de Nomade des Mers, association soutenue par les fonds Explore de Roland Jourdain pour les nouveaux explorateurs.

Après deux premières expériences de navigation sur des bateaux écologiques qu’il a lui même construits[1], Corentin de Chatelperron, initiateur du projet, s’est lancé dans un nouveau défi : partir pour trois ans d’expédition à la recherche de low-tech en autonomie complète, sur un catamaran. Les low-tech sont des technologies simples qui répondent à un besoin primaire comme manger, avoir accès à l’eau ou bien encore à l’énergie et peuvent être fabriquées partout dans le monde.

Corentin de Chatelperron embarque avec Elaine Le Floch, organisatrice d’expédition, Pierre-Alain Lévèque, coordinateur technique et les navigateurs Roland Jourdain et Gwénolé Gahinet qui les épauleront au début du voyage. Une équipe de  cinq personnes à terre est chargée de communiquer sur l’expédition et les expériences effectuées au fil des rencontres avec des inventeurs du monde entier. Une des grandes philosophies du projet est le partage des connaissances mises à disposition via de courtes vidéos-tutoriels en ligne sur leur plateforme collaborative.

 Un catamaran ambassadeur

  « Nomade des Mers » est un Kennex 445, catamaran de 14 mètres conçu par VPLP et transformé avec des matériaux naturels tels que des bio-composites de la fibre de jute et de lin. Le bateau est équipé d’éoliennes et d’un pédalier électrique multifonction pour la production d’énergie, d’un four solaire, d’un rocket stove (réchaud par pyrolyse), d’un dessalinisateur et aussi d’un espace pour le compost et  d’une serre au niveau du cockpit. A bord, on pratiquera des cultures hydroponiques, des champignons, de la spiruline et des vers de farine pour leurs forts apports nutritionnels… Quatre poules sont embarquées pour fournir l’équipage en œufs et donc en protéines, indispensable à notre alimentation. Tout pour être le plus autonome possible avec ces systèmes expérimentaux qui seront améliorés au fil de l’expédition. 

Concarneau > Maroc > Sénégal > Cap Vert > Brésil > Afrique du Sud > Madagascar > Mozambique> Mayotte > Maldives  > Inde > Sri Lanka > Malaisie…

Quinze escales sont prévues afin d’étudier quinze solutions techniques et de les confronter au contexte culturel et social du pays.  L’objectif est de créer une communauté internationale et de diffuser le mode de fabrication des low-tech  validées. Les étapes ont été définies autour de problématiques locales. Le premier stop se fera au Maroc pour profiter de l’expertise d’un entrepreneur local dans la fabrication d’un dessalinisateur avec un minimum de matériaux.  Au Sénégal l’équipe ira à la rencontre de Makers pour construire une éolienne avec des matériaux recyclés. Ils étudieront aussi la confection d’un charbon vert (fait de déchets agricoles secs et de plantes invasives). Le voyage se poursuivra au Cap Vert  avec l’étude de l’hydroponie ; le pays ayant une problématique locale d’autonomie alimentaire.

 L’équipage a pris la mer le 23 février dernier, souhaitons leur un voyage riche en rencontres et découvertes car rappelons-le : ces explorateurs sont là pour que l’homme utilise mieux les ressources dont il dispose, ici comme ailleurs.  Les low-tech ne concernent pas uniquement les pays en voie de développement.   

 

[1] Tara Tari en 2011 et Gold of Bengal en 2013


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