Actualités Maritimes

01 Juin 2011

PATRON PÊCHEUR SANS DERROGER A LA REGLE : 8 LIEUTENANTS SUR LES BANCS DE L'ECOLE

Les futurs patrons de pêche et les intervenants d'Ifremer
Les futurs patrons de pêche et les intervenants d'Ifremer
Depuis le mois de mars 2011, huit lieutenants de pêche sont en formation continue afin d’obtenir le diplôme puis le brevet de Patron de Pêche, au Lycée Professionnel Maritime du Guilvinec.


Alors que le secteur de la pêche maritime offre de nombreuses opportunités d'emplois, la formation de patron de pêche, dispensée depuis de nombreuses année en Bretagne, principalement au Guilvinec, dispose de places à pourvoir. Faute de candidats (8 personnes sont nécessaires), aucun cours n'avait être donné depuis 2007. Depuis le mois de mars 2011, huit lieutenants de pêche sont en formation continue afin d’obtenir le diplôme puis le brevet de Patron de Pêche, au Lycée Professionnel Maritime du Guilvinec.

Une formation diplômante indispensable
Il faut être titulaire du brevet de lieutenant de pêche pour rentrer en formation de Patron.
Les équivalences Commerce/Pêche ont amené différentes réformes dans le contenu de la formation. En effet les normes STCW 95 (Commerce) établissent des objectifs à atteindre dans le domaine de la formation en fonction des niveaux de responsabilité sur les navires sur le plan international. Le brevet de patron de pêche permet l'obtention du Capitaine 500. Le contenu de cette formation : Conduite de la pêche, maintenance, construction et sécurité, exploitation du navire, stabilité, traitement des captures, gestion, management de l'entreprise et environnement professionnel…
La formation dure 359 heures si titulaire du Lieutenant depuis 2008, 728 heures si titulaire du Lieutenant avant 2008 (cas le plus fréquent actuellement). Les 369 heures de différence permettent de remettre le lieutenant de pêche aux normes STCW 95.

A noter que dans le cadre de la formation initiale, le baccalauréat Conduites et Gestion des Entreprises Maritimes, permet d'obtenir, après un temps de navigation, le capitaine 500 et le brevet de patron. C'est le cas aussi pour les 7 élèves passant le bac pro par apprentissage pour la première fois ce mois de juin.

Le patron de pêche permet d'assurer les fonctions suivantes: Capitaine, second capitaine, officier chargé du quart à la passerelle sur les navires armés à la petite pêche, pêche côtière ou pêche au large. Officier chargé du quart à la passerelle ou second capitaine sur les navires armés à la grande pêche

Des candidats extrêmement motivés
Âgés de 23 à 43 ans, les huit professionnels, viennent de divers horizons. Quatre d’entre eux, du Nord Finistère, ont navigué sur des fileyeurs et des caseyeurs et souhaitent y retourner; parmi lesquels le coactionnaire d’un chalutier de 24 mètres reconverti en caseyeur ultra moderne et à l’automatisme très poussé. Deux autres candidats naviguent dans le pays bigouden à la pêche hauturière (poisson et langoustines),un autre navigue à la pêche hauturière à Saint-Malo et le huitième a une expérience très variée. Tous suivent les cours avec grand intérêt et assiduité dans l'espoir de vivre d’un métier qu’ils aiment, dans un environnement assaini et stabilisé, moins sujet aux contraintes et aux variations réglementaires imposées par l’Union Européenne.

Des espoirs et des projets
Ils ont tous déjà commandé et aspirent à reprendre des commandements à la sortie du cours. Le brevet de patron, c'est aussi le droit d'exercer son métier dans des conditions pérennes, sans le recours aux dérogations.
Certains souhaitent pouvoir acheter leur propre bateau quand d'autres préfèrent commander pour des armements. Comme de nombreux professionnels, ils souhaitent en priorité des conditions plus favorables au renouvellement des flottilles, une gestion adaptée des pêcheries et de l’accès à la ressource.
La formation est validée sous forme de contrôle continu et d'un examen final (mi-juin). En plus du cursus de formation défini, des intervenants extérieurs viennent renforcer cette formation pour permettre aux patrons d'apprendre les nouvelles technologies, les nouvelles réglementations, techniques de pêches... c'est aussi l'occasion d'avoir des échanges enrichissants entre les différents acteurs de la filière.

Par exemple, plusieurs représentants d'Ifremer ont pu expliquer leur rôle et leurs préoccupations de pérenniser l'activité avec la meilleure valeur ajoutée sur la ressource par exemple. Un rapprochement entre pêcheur et scientifique extrêmement positif.

Ecoutez le reportage de France Bleu Breizh Izel en page documentation

Lycée Professionnel Mariime du Guilvinec