Actualités Maritimes

19 Fév 2019

Suspension de la Certification MSC pour la sardine de bolinche du Golfe de Gascogne

Les bolincheurs de Bretagne restent pleinement engagés en faveur d’une pêche durable

Bolincheur concarnois

Les pêcheurs de l’Association des bolincheurs de Bretagne annoncent avec regrets la suspension de leur certificat MSC à compter du 12 mars 2019.
La dernière évaluation scientifique du CIEM[1] estime que le stock de sardines du Golfe de Gascogne serait exploité au-delà du rendement maximal malgré une augmentation continue de la biomasse du stock ces trois dernières années.
Cette perception amène à dégrader la notation MSC. Les professionnels restent malgré tout pleinement engagés en faveur d’une pêche durable.

Une pêcherie bretonne bien gérée et des conditions d’exploitation stables

Depuis les années 90, les bolincheurs de Bretagne ont pris des mesures de gestion (limitation du nombre et de la taille des bateaux, limitation des jours de mer…) afin d’assurer une exploitation durable de la pêcherie de sardines. Après plusieurs années d’évaluation scientifique du stock, de mesure des impacts sur les écosystèmes et d’observation des règles de gestion mises en œuvre par les professionnels, la sardine bretonne a obtenu la certification MSC en 2009. Ce label environnemental garantit la durabilité d'une pêcherie. La démarche a été renouvelée en 2017 sur le stock désormais partagé avec les pêcheurs espagnols.

Les avis scientifiques indiquent une augmentation continue de la biomasse du stock de sardine entre 2015 et 2018 où le niveau de biomasse correspond au niveau moyen observé sur la période 2002 – 2018. Les niveaux de captures sont en outre demeurés très stables depuis 2012, entre 31 000 et 34 000 tonnes, grâce aux mesures de gestion qui s’appliquent aux navires ciblant cette ressource et qui concernent notamment 27 bolincheurs bretons.

Évaluation scientifique en cours et principe de précaution

La sardine du Golfe de Gascogne ne fait l’objet d’un avis scientifique quantitatif par le CIEM, Conseil International pour l’Exploration de la Mer que depuis 2017, malgré la disponibilité et la qualité des données issues de l’expertise partagée entre les scientifiques et les professionnels depuis plusieurs années. Le manque de maturité rend incertaine l’estimation des points de référence biologiques de ce stock, qui a toujours été exploité raisonnablement.
Cela se traduit par des évaluations scientifiques annuelles très variables et les points de référence sont modifiés chaque année, contrairement aux autres stocks.
Bien qu’ayant pleinement conscience des travaux nécessaires pour parvenir à un diagnostic scientifique pleinement opérationnel, les organismes certificateurs ont nouvellement appliqué la méthodologie la plus exigeante du processus de certification, et un principe de précaution lors du récent audit en suivant le dernier avis du CIEM qui suppose que le taux d’exploitation du stock serait supérieur au RMD. Une décision qui entraine la suspension de la certification, ce qui pénalise toute la filière mais ne remet pas en cause les autres critères que sont la réduction des impacts sur l’environnement et un système de gestion responsable de la pêcherie.

Un niveau d’exigence plus élevé

Il est important de noter que depuis la première certification en 2009, la gestion de la pêcherie de bolinche  bretonne est restée stable et structurante, avec des résultats probants sur l’état de la ressource. La suspension du certificat MSC intervient à la suite d’une nouvelle méthode appliquée pour estimer le respect des critères MSC, dans un contexte d’avis scientifique encore en cours de développement. Cette hausse du niveau d’exigence au niveau des procédures, s’est accompagnée d’une plus forte activité depuis 2012 de nouvelles flottilles exploitant également cette ressource. 

Contribuer à une meilleure connaissance des stocks

Sans préjuger des décisions qui seront prises suite à la suspension du certificat MSC, les bolincheurs bretons accompagneront des actions collaboratives avec les scientifiques de l’Ifremer afin de développer des outils de modélisation et de diagnostic plus fiables. Ils travailleront aussi avec leurs collègues français et espagnols pour mettre en place un plan de gestion à long terme.
Les professionnels restent pleinement engagés dans la préservation de la ressource et des écosystèmes et une meilleure connaissance des stocks, afin de permettre au consommateur de choisir en toute confiance la sardine du Golfe de Gascogne issue d’une pêche durable.

[1] http://ices.dk/sites/pub/Publication%20Reports/Advice/2018/2018/pil.27.8abd.pdf

Un Communiqué de Presse de l'Association des bolincheurs de Bretagne