Actualités Maritimes

31 Janv 2016

Lorient-Keroman : un port certifié durable

Un vent d'optimisme souffle sur la pêche lorientaise

Voeux du port de pêche de Lorient-Kerman 30 janvier 2016
Voeux du port de pêche de Lorient-Kerman 30 janvier 2016
Elus locaux et Administration aux voeux du port de pêche de Lorient.
Elus locaux et Administration aux voeux du port de pêche de Lorient.
Maurice Benoish, président du port de pêche de Lorient-Kerman avec Yves Guirriec, directeur de la criée (à gauche) et Benoît Jaffré, directeur général de la SEM Lorient-Kerman (à droite)
Maurice Benoish, président du port de pêche de Lorient-Kerman avec Yves Guirriec, directeur de la criée (à gauche) et Benoît Jaffré, directeur général de la SEM Lorient-Kerman (à droite)

Janvier s'achève avec les traditionnels voeux du port de pêche de Lorient qui soufflent un vent d'optimisme pour la filière : tonnage stable et prix en hausse, présence de la ressource, bateaux neufs, développement et arrivée d'entreprises, certification ISO 14001, nouveaux investissements... Les feux sont au vert et l'avenir durable de la pêche se dessine à Lorient-Keroman.

Tous les acteurs de la filière se sont donné rendez-vous samedi 30 janvier aux voeux du port de Lorient-Keroman. Maître de cérémonie, Maurice Benoish, président du port du pêche ne cachait pas son enthousiasme à l'annonce d'un bilan 2015 plus que satisfaisant et un début d'année sous les meilleures auspices.

Merlu et langoustine au menu du 1er port français en valeur

Lorient-Keroman est le premier port de pêche français pour la valeur de ses débarquements, avec 26 514 tonnes en 2015. Le tonnage est resté stable mais les prix sont à la hausse. Un constat général pour les criées de Bretagne. Lorient a généré un chiffre d'affaires de 84, 639 millions d'euros en 2015,  soit une hausse de plus de 11% par rapport à 2014 avec un prix moyen qui a augmenté de 12, 28%. Le merlu,  poisson roi de Keroman pendant des années - d'où le nom du club de football de Lorient -  est détronné par la langoustine qui a rapporté 11, 615 Million d'euros en 2015 pour 1 037 tonnes, faisant de Lorient le premier port de débarquement de langoustines vivantes. Le merlu reste néanmoins en première place des tonnages avec 3 481, 911 tonnes débarquées en 2015.

Ces bons résultats tiennent à plusieurs facteurs : Les débarquements hauturiers sont restés à des niveaux importants avec les mouvements de flottille de l'armement Scapêche en début d'année, malgré  la mise en service tardive Jean-Pierre Le Roch et plusieurs arrêts techniques à la Scapêche. Si le tonnage a baissé à la côtière à cause de l'absence de poissons bleus - anchois et sardines - le prix moyen a grimpé à + 27% avec des débarquements d'espèces à forte valeur ajoutée dont une forte de production de langoustines dépassant les 1 000 tonnes à un prix moyen autour des 10 euros.

Si les tonnages générés par la cellule commerciale trilingue de 3 personnes sont en baisse (-5,25%), Lorient reste la meilleure place commerciale notamment sur la julienne dont le port est la référence. Les prix moyens sont aussi en hausse et la valeur totale à + 8,08% grâce au travail des apports sur des espèces nobles comme la lotte, abondante en 2015. "Si l'on compare ces apports aux débarquements des 35 criées française, 5 000 tonnes par an, c'est la production moyenne d'un port !" souligne Maurice Benoish. A cela, il faut ajouter les débarquemenst extérieurs. "Lorient situé au coeur du Golfe de Gascogne est une base avancée pour des flottilles espagnoles, irlandaises ou écossaises dont l'activité - 3 510 tonnes en 2015 - participe à construire le budget portuaire." 

Investir dans l'avenir soutenable et reponsable du port de pêche

Accueil des navires, services à quai, système de vente performant, investissements et modernisation, Lorient est un port attractif. Pour les navires d'abord avec une flottille de 130 bateaux mais des débarquements de plus de 300 navires chaque année. Une attractivité due aux investissements pertinents dans la modernisation du port. Sur les 5 dernières années plus de 30 millions d'euros ont été investis par la Région, du Syndicat Mixte (Région et Lorient Agglomération) sur les 55 hectares de concession portuaire. La dynamique portuaire tient aussi à la représentativité de la filière, la présence de nombreux acteurs qui se parlent et à la confiance des élus qui croient tous en l’avenir du port. En 2015, de nouvelles entreprises sont arrivées ou se sont développées dans le mareyage, des bateaux neufs ont été construits, d’autres sont en commande et des projets ne demandent qu’à sortir. 

Lorient-Keroman ce sont 3 000 emplois directs dont 1000 à 1200 emplois générés par l'activité de construction et réparation navale sur l'ARN. Plus de 200 mouvements de navires ont eu lieu sur l’ARN en 2015 avec une augmentation de 16% du temps de stationnement, notamment dus à l’activité générée par la reprise de Timolor par Navtis et l’arrivée de Piriou. 

En janvier 2016, l'aire de réparation navale de Lorient-Keroman a obtenu la certification ISO 14001, c'est une première en France. Le port est en mesure de maîtriser l’impact de ses activités sur l’environnement. C’est démarche qui impacte aussi le mode de fonctionnement des entreprises du port et un facteur d’attractivité pour tous. 

En 2016, la syndicat mixte investira 12 millions d'euros pour poursuivre la nécessaire modernisation des équipements et des services. Parmi les priorités de Lorient-Keroman, la reconquete des friches portuaires pour attirer de nouvelles entreprises (5° Ouest démarera la construction d'une usine en 2016 et CDK construira un nouveau bâtiment sur l'ARN), la réfection des criées 1 et 2. La SEM Lorient-Keroman investira 1,5 millions d'euros en propre en 2016 pour l'accélération du système de vente et des matériels et équipements.

Interview de Maurice Benoish, président de la SEM Lorient-Keroman

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