Reportages

30 Sept 2019

Tan-Tan cherche à dynamiser son port.

Chantier Taboag Tan-Tan -@Sea to sea
Chantier Taboag Tan-Tan -@Sea to sea
Fantasia du Moussem de TaTan @Sea to sea
Fantasia du Moussem de TaTan @Sea to sea
ITPM de Tan-Tan a accueilli la Green Invest Conference @Sea to sea
ITPM de Tan-Tan a accueilli la Green Invest Conference @Sea to sea

La 15ème édition du Moussem de Tan-Tan, un rassemblement annuel des peuples du Sahara dans cette ville du sud marocain, avait lieu du 14 au 19 juin 2019. A cette occasion, a eu lieu la Green Invest Conférence qui a réuni plusieurs acteurs économiques internationaux dans le but de faire émerger des projets d’investissement contribuant au développement durable des activités dans la région du Gouelmin Oued Nour. Au cœur de la région, Tan-Tan cherche notamment à développer son port.



Patrimoine et économie
La fondation Almouggar, organisatrice du Moussem de Tan-Tan, a invité plusieurs délégations venues de du Canada, de Hongrie, d’Italie ou de France, ainsi que des officiels venus de Mauritanie, pays invité d’honneur de cette 15ème édition. L’évènement inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco, réunit plus de trente tribus du sud du Maroc et d’autres peuples nomades d’Afrique du nord-ouest. 

A cette occasion, en partenariat avec l’AMDIE, agence marocaine de développement et d’investissement export, la fondation Almouggar a réuni des acteurs publics et privés à la Green Invest Conférence pour présenter les opportunités d’investissement au Maroc.  Tourisme, pêche maritime, aquaculture et agriculture, le pays souhaite renforcer ses partenariats historiques avec la France et l’Espagne ( 2/3 des échanges extérieurs du Maroc), développer de nouvelles relations commerciales avec les autres pays de l’UE et d’ailleurs (Chine, Inde, Brésil, USA…) et rester la tête de pont de l’Afrique, en diversifiant ses activités avec comme priorité, les énergies vertes, le développement durable et le progrès social. 

Des opportunités dans le secteur halieutique
Pour le secteur halieutique, l’objectif est de parvenir à une production aquacole de l’ordre de 400 000 T de poisson dans un proche avenir.  Le pays offre fiscalité avantageuse, une simplification des démarches pour la création d’entreprises sans actionnariat local obligatoire. De quoi inciter l’investissement dans les secteurs prioritaires de l’industrie navale, l’offshore ou encore l’agroalimentaire. Le Maroc compte 38 ports dont 13 sont dédiés au commerce extérieur. Le pays se positionne comme la porte d’entrée pour le commerce en Afrique. La région de Guelmin Oued Nour compte quatre provinces dont celle de Tan-Tan, entre les plaines du Souss et le Sahara. Avec ses 200 km de côtes, elle compte aussi deux aéroports et deux ports, Tan-Tan et Sidi Ifni. Elle a aussi le projet de construire une voie express atlantique pour faciliter les échanges.  Le port de Sidi Ifni développe l’ostréiculture et la pisciculture. Tan-Tan produit environ 156 000 T de poisson pour un chiffre d’affaires annuel de 1 milliard de dirham. 

La conférence avait lieu à l’Institut Technologique des Pêches Maritimes de Tan-Tan, le deuxième centre de formation maritime après celui d’Agadir. L’ISTPM a d’ailleurs engagé plusieurs collaborations avec la France, notamment avec le Centre Européen de Formation Continue Maritime basé à Concarneau et à Lorient, en matière d’ingénierie de formation et de pédagogie. La formation est un enjeu majeur dans une région qui compte plus de 6 000 jeunes isolés. 

La construction navale en développement
La délégation internationale a également visité le port de Tan-Tan et rencontré quelques opérateurs économiques locaux. Tan-Tan compte environ 250 sardiniers, 150 chalutiers et plusieurs centaines de barques et de palangriers. Le chantier Taboag, fondé par Abderrahmane Boursi, également président de la Confédération marocaine de la pêche côtière du Maroc, premier constructeur de navires en bois au Maroc fêtera se 20 ans en 2020. Il accueille environ 320 unités par an, une soixantaine de navires pouvant stationner en même temps sur l’aire de réparation navale équipée d’un élévateur à sangles de 250 T. Sardiniers, senneurs, chalutiers et palangriers y viennent pour des réparations ou y stationnent le temps d’achever leur armement. Le chantier construit uniquement les coques qui sont équipées par les armateurs. Des unités de 14,5 à 25 m.  Début 2019, le chantier créé par Abderrahmane Boursi et aujourd’hui dirigé par ses fils, Soufiane et Ouissam, s’est diversifié dans la construction acier.  Sahara Monitoring avait déjà 3 sardiniers en construction au début de l’été, conçu en collaboration avec des bureaux d’études français et espagnols. Des navires polyvalents qu’il souhaite plus sélectifs. Avec la société de construction hydraulique Ferenav qui fabrique et installe les apparaux de pêche, le chantier travaille avec des sociétés françaises pour développer de nouveaux engins de pêche. Le chantier souhaite proposer des navires également plus sûrs et confortables pour les marins… un navire de pêche de ce type au Maroc accueille de 20 à 22 marins quand un navire européen compte un équipage de 6 ou 7 hommes ! Tan-Tan a aussi vu arriver un nouveau chantier naval, Shark Marine. Une société marocco-émirati qui a investi il y a un peu plus d’un an sur le port de Tan-Tan et va construire des sardiniers en CVR. 

Valorisation de la sardine
Le port de Tan-Tan compte aussi d’importantes sociétés de transformation. La société nouvelle Ougala produit de la farine et de l’huile de poisson. Elle traite environ 500 T de matière première par jour issue des ports marocains. Avec un rendement de 24% pour la farine et 12% pour l’huile de poisson, elle produit entre 6 000 et 8 000 T de farine et 3 000 à 4 000 T d’huile par an. Les produits sont destinés à la nutrition animale ou la cosmétologie et sont intégralement vendus à l’export. La SOPCODA, filiale du groupe allemand Silver Food travaille la sardine (120 T / jour). Les sardines fraiches en provenance de Daarla, Layoûn et Tan-Tan sont réfrigérées sous glace (80%) pour rejoindre la conserverie de Casablanca qui produit 8 000 boites de sardines, de thon ou de maquereau par jour. 20% de la production est congelée dans 4 tunnels de congélation à -32/-35°. Les blocs de sardine sont exclusivement destinés à l’export. A l’entrée du port, de nouvelles installations flambant neuves accueilleront bientôt le nouveau marché aux poissons avec une vingtaine d’étals. 

La CMPC et les chantiers de Tan-Tan iront à la rencontre des exposants du salon Itechmer du 16 au 18 octobre prochain à Lorient.

 

 


 
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